Externaliser notre mémoire

Internet et le web en général et Google en particulier changent radicalement la manière dont fonctionne notre cerveau et dont nous utilisons notre mémoire.

Avant Google, quand nous voulions nous informer sur un sujet, nos ressources se limitaient aux livres que nous possédons, voire à ceux que possède la bibliothèque du quartier.

Avec Google, nous avons accès 24h/24, 7j/7, à une bibliothèque gigantesque.  L’ensemble du savoir disponible n’est qu’à un clic de souris de moi.

Avant Google, nous étions obligés de mémoriser de grandes quantités d’information pour survivre: quand planter les légumes en fonction des phases de la lune, quand les animaux sont fertiles, quand nourrir la terre et avec quel engrais en fonction de la saison et du terrain, quand tailler les arbres pour qu’ils donnent des fruits.  Il nous fallait mémoriser les meilleurs lieux de chasse, de pêche et de cueillette, les types de champignons comestibles, etc.  Nous privilégiions la mémoire visuelle et l’association des informations pour permettre leur mémorisation.  Nous avions inventé des moyens mnémotechniques pour améliorer le processus de mémorisation, et l’école nous incitait à entraîner notre mémoire.

Avec Google, nous avons externalisé notre mémoire.  Nous ne sommes plus obligés de mémoriser l’information proprement dite mais l’endroit où elle est stockée.

 

Le processus d’externalisation de notre mémoire n’est pas sans conséquences.  Certains sont positives, d’autres néfastes.

Conséquences positives

Notre cerveau est libéré de la contrainte de devoir mémoriser à tout prix.  Et à l’heure où la maladie d’Alzheimer semble toucher de plus en plus de monde, il est rassurant de pouvoir compter sur la mémoire infaillible de Google.
L’information n’a jamais été aussi accessible qu’aujourd’hui sur des ordinateurs, des tablettes, des smartphones, etc.

D’autre part, chaque fois que je fais appel à un moteur de recherche, je relance le processus de recherche.  Les données sont donc toujours systématiquement actualisées et corrigées.

Puisque je dispose de beaucoup plus d’information qu’avant, mes possibilités d’innover sont décuplées.

Conséquences négatives

La première conséquence négative est évidemment de nous rendre totalement dépendants de la technologie: durée de vie des supports de stockage, besoin impératif d’appareils et d’électricité pour y accéder, etc.  En d’autres termes, que devrions-nous en cas de catastrophe majeure?

Le fait de ne plus entraîner notre mémoire altère peut-être (nous n’avons pas encore assez de recul) nos capacités conceptuelles lorsqu’il s’agit de réfléchir sur des problèmes très complexes comme ceux auxquelles nous sommes confrontés.

Enfin, le Web contient énormément d’informations fausses ou incomplètes. Il est très important que l’école enseigne la pensée critique.

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