Le web n'a pas une bonne mémoire

Je lisais, il y a quelques semaines, que telle banque ou organisme financier allait louer au prix (très très très) fort un bâtiment situé à deux pas de la Bourse de New York.  Pourquoi?  Pour être plus près des informations en temps réel.  Parce que jusqu’à présent quelques centaines de mètres séparaient les deux bâtiments.  En se rapprochant, la durée de transmission des informations diminue.  Sans doute de quelques centièmes de secondes.  Et ces quelques centièmes de secondes valent de l’or.

Nous sommes dans le royaume du temps réel où chacun veut être informé immédiatement.  De quoi?  De tout.  D’un accident de train, d’un accident, du résultat d’une élection, du retard d’un métro, du score d’un match de foot.  Tout est devenu urgent.  D’où le succès des réseaux sociaux et de Twitter en particulier.

Dans ce monde de l’instantanéité, les informations nouvelles acquièrent petit à petit plus d’importance que l’ensemble du savoir accumulé durant des millénaires par l’humanité.

Les chercheurs du MIT ont publié un billet (http://goo.gl/cc7aA) expliquant comment les liens vers des informations concernant des événements tels que les révolutions arabes ou la mort de Michael Jackson disparaissent en quelques mois.  L’actualité remplace l’actualité à un rythme de plus en plus rapide.  Et très vite, la mémoire de ces événements sur le web disparaît.  Selon cette étude du MIT, plus de 10% de l’information disparaît en un an.

Chacun sait que les tweets disparaissent dans les limbes après une semaine.  Pour ne pas perdre la mémoire, un organisme dépendant de la Bibliothèque du Congrès enregistre tous les tweets américains (http://goo.gl/uKnwF).  On peut s’interroger sur l’intérêt de l’immense majorité des teweets…
Et n’oublions pas le bon vieux site qui s’efforce de prendre des copies des sites du web, Archive (http://archive.org/), notre mémoire depuis 1996.

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