Ne pas confondre recherche et veille !

Les concepts de recherche d’information et de veille sont souvent confondus.  Ils ne concernent pourtant pas le même type d’information.
Si la question est « je voudrais savoir quels sont les brevets déposés par mes concurrents durant les 3 dernières années », on est dans le cadre d’une recherche d’information et la veille n’apportera rien de mieux.  Par contre, la veille sera utile si le problème est posé en ces termes:  « je souhaite être tenu informé des nouveaux brevets que déposeront mes concurrents durant les deux années à venir »Recherche d’information
La recherche concerne une information qui existe déjà quelque part (même si elle est parfois difficile à trouver car rangée dans une base de données ou au fin fond d’un site depuis longtemps abandonné).  La recherche ne concerne que l’information déjà publiée qu’il s’agit de rassembler, d’analyser, éventuellement de traduire et de résumer, puis de présenter sous forme de rapport.  La recherche demande une bonne connaissance des divers outils de recherche utilisés par les Trouveurs: moteurs de recherche, métamoteurs, annuaires, bases de données, etc.
On pourrait dire que la recherche porte sur de l’information secondaire:

  • information interprétée, analysée ou résumée
  • commentée
  • écrite plus tard et souvent en l’absence des auteurs
  • elle permet de situer une information dans un contexte (historique par exemple)

Exemple: compte-rendu journalistique d’un témoignage devant un tribunal.

Veille
La veille est décrite comme un processus de récolte d’information au fur et à mesure de sa publication.

Dans l’entreprise, la veille permet de:

  • choisir un positionnement concurrentiel
  • détecter des pistes d’innovation
  • alimenter les décideurs en information pour faciliter la prise de décision stratégique
  • connaître son environnement (concurrence, marché, fournisseurs, clients)
  • anticiper les tendances
  • identifier de nouvelles pistes de développement commercial
  • éviter les erreurs de décisions
  • détecter les opportunités
  • faciliter les décisions
  • identifier des experts dans un secteur déterminé.

Ceci dit, il serait à la fois faux et dommage de considérer que la veille ne concerne que les entreprises importantes !  Toutes les PME peuvent très facilement mettre en place une veille sur leurs marchés, leurs concurrents, leur image sur le Web, etc. Une telle veille est non seulement utile mais indispensable dans une économie mondialisée.
Mais chacun d’entre nous peut également bénéficier d’une veille sur n’importe quel sujet ou passion: quelles sont les nouvelles offres d’emploi publiées dans tel secteur, quelles sont les dernières découvertes en matière d’astronomie ou les avancées dans le domaine de la lutte contre le cancer.  Les champs d’application de la veille sont innombrables.
Le problème de la veille est que l’information n’existe pas encore et qu’il s’agit d’imaginer où, sous quelle forme et par qui elle pourrait être publiée. L’identification des sources pour une veille est donc plus complexe que pour une recherche.

La notion de signal faible
Nous appelons « signal faible » une information précoce, pas encore confirmée, mais qui peut laisser présager de développements ultérieurs.
La détection des signaux faibles est un des enjeux majeurs de la veille car elle permet aux entreprises d’être informées très tôt des changements qui pourraient se produire dans leur environnement commercial ou concurrentiel.
Les signaux faibles doivent être rapidement vérifiés et recoupés pour tenter de juger des conséquences possibles.  En général, ils sont constitués de petites modifications anodines mais surprenantes pour qui est attentif.  Il peut s’agir d’une annonce de recrutement d’un collaborateur au profil inhabituel, du départ d’un collaborateur dans une autre entreprise, du dépôt d’un brevet, de l’achat d’un terrain industriel, etc.
Ce n’est pas de l’espionnage !
Ceux qui ne connaissent pas les domaines de la veille et de l’intelligence stratégique ont tendance à l’assimiler à de l’espionnage industriel.  Ce qui vient de se produire en France chez Renault – et si les faits se confirment – relève de l’espionnage industriel.
Où se situe la différence ?

Rappelons ici les trois couleurs de l’information:
Information blanche:

  • Facilement accessible par tous
  • Peu de valeur
  • Nécessite tri et traitement importants

Information grise:

  • Information difficilement accessible aux non-spécialistes
  • A forte valeur marchande
  • Souvent informelle (composée de bribes d’information qu’il faut assembler pour faire apparaître une cohérence)
  • Elle s’acquiert par indiscrétions, dans les salons, etc.

Information noire:

  • Information ne pouvant être acquise que de façon illégale
  • Information décisive pour l’entreprise

L’intelligence stratégique/économique (et donc la veille) porte essentiellement sur l’information grise, disponible publiquement, même si elle est parfois difficile à trouver.  Elle ne s’acquiert pas par des moyens illégaux.  Le renseignement et l’espionnage industriel portent sur l’information noire.
Dans un cadre professionnel, la veille tente d’identifier des bribes d’information auquel le spécialiste en intelligence stratégique va essayer de donner ensuite une cohérence pour pouvoir en déduire des tendances.

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