Intelligence stratégique, intelligence économique et espionnage

Lors de chaque conférence, de chaque présentation, de chaque évocation de l’expression « intelligence économique », la question ne tarde pas: quelle est la différence entre l’intelligence économique et l’espionnage industriel?
Bien que nous ayons déjà répondu plusieurs fois à cette question dans plusieurs billets et articles, il semble nécessaire d’y revenir une fois encore.  

La France parle d’intelligence économique.  En Belgique, nous préférons parler d’intelligence stratégique.  Pourquoi?
Parce qu’en France le concept d’intelligence économique est trop souvent – à tort ou à raison – confondu (ou en tout cas peu distingué) avec le renseignement.  De nombreuses entreprises du CAC40 (notamment) ont recruté des anciens des services comme l’ancienne Direction de la Surveillance du Territoire (DST) ou d’actuels services comme la  Direction Générale de la Sécurité Extérieure (DGSE) ou la Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI).

La Belgique, qui n’a pas une réelle culture du renseignement comme les grands pays, est beaucoup moins active dans ce domaine.

Bref, en Belgique, nous préférons utiliser le terme d’intelligence stratégique que nous définissons de la manière suivante: l’intelligence stratégique est l’acquisition (par des moyens légaux) et la maîtrise de toute l’information circulant hors de l’entreprise (y compris l’information émise par l’entreprise elle-même) susceptible d’avoir un impact sur la croissance, la survie ou le déclin de l’entreprise.
L’intelligence stratégique n’acquiert de l’information que par des moyens légaux et l’information recueillie est publique, même si elle est le plus souvent dispersée et non-structurée.  C’est en cela qu’elle diffère de l’espionnage et du renseignement qui sont parfois moins regardants sur les méthodes d’acquisition de l’information.

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