Management: la fin des dinosaures

Les organisations pyramidales avec le chef en haut et les ouvriers tout en bas séparés par une multitude de strates intermédiaires ont montré leurs limites.  Et de toute façon, plus personne n’en veut comme on le voit chaque jour dans le monde de l’entreprise, mais aussi dans le rejet de hiérarchie religieuse, dans la méfiance grandissante envers la chose politique, l’insubordination dans les écoles, etc.

Ces systèmes pyramidaux étaient tous copiés les uns sur les autres, issus du concept ancestral d’un dieu tout-puissant séparé de ses créatures par des hiérarchies d’anges, par le roi, le pape ou l’empereur représentant de la divinité sur terre, et enfin par une cohorte de prélats plus ou moins galonnés.

Quand le vent commence à tourner, les entreprises pyramidales cherchent à se renforcer en grossissant, en acquérant d’autres entreprises, en devenant de plus en plus lourdes au sein de groupes de plus en plus massifs et aux réactions de plus en plus lentes.  Bref, en imitant les dinosaures.  Et on sait comment tout cela a fini: encombrés par leur propre masse, ayant des besoins alimentaires de plus en plus importants, les dinosaures ont été balayés.

L’économie mondiale nous joue le même spectacle: d’immenses groupes financiers affament, assoiffent et ruinent un monde qu’ils croient encore dominer, alors que d’innombrables initiatives fonctionnant en réseaux commencent à s’organiser.  Pour les dinosaures, le danger est désormais partout: réseaux sociaux, Anonymous, monnaies complémentaires, …

Avant les gros mangeaient les petits.  Dans l’économie naissante, les souples mangeront les lents.

Chaque jour nous voyons comment une petite entreprise nomade, mobile et réactive prend des marchés au nez et à la barbe des concurrents infiniment plus structurés et dont les coûts de fonctionnement sont devenus tellement élevés qu’ils en deviennent prohibitifs.  Cette petite entreprise n’est pas en guerre contre ses voisines.  Bien au contraire, elle s’organise avec elles en écosystèmes souples et agiles au sein desquels chacun est gagnant.

Il n’y a probablement jamais eu autant d’espaces de liberté qu’aujourd’hui pour des réseaux d’indépendants, attentifs à ce qui se passe à l’extérieur au lieu de perdre du temps en organisation et restructurations internes.  En d’autres termes, l’avenir appartient à ceux qui font de l’intelligence stratégique un art de vivre.  A ceux qui se demandent ce dont a besoin le marché, qui vise des marchés de niches inexploités par les dinosaures.  A ceux qui s’adaptent aux besoins, moyens et attentes de leurs clients.

Vive la crise !

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